Le moustique tigre n’est plus un phénomène cantonné au pourtour méditerranéen. Selon l’Anses, il est désormais implanté dans 81 départements métropolitains, soit environ 84 % du territoire, contre un seul en 2004. Un hiver doux et un printemps humide ont favorisé sa prolifération cette année, et les autorités sanitaires appellent à la vigilance jusqu’à la fin de la période de surveillance renforcée, le 30 novembre.
Cette expansion géographique n’est pas qu’une nuisance de jardin : l’Aedes albopictus est le principal vecteur de trois maladies virales suivies de près par Santé publique France, la dengue, le chikungunya et le zika. En 2025, 809 cas autochtones de chikungunya avaient été recensés en France métropolitaine, un niveau de transmission locale inédit, dont plus de la moitié rien que dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Une surveillance renforcée sur tout le territoire
Face à ce constat, les agences régionales de santé ont réactivé leurs dispositifs de lutte antivectorielle depuis le 1er mai. En Île-de-France, l’ARS recense déjà 212 communes colonisées, ce qui représente 68 % de la population régionale exposée au risque de piqûre. Sur la façade méditerranéenne, plus de 97 % des habitants de la région PACA vivent désormais en zone de présence du moustique tigre, et la Corse est considérée comme entièrement colonisée.
Concrètement, ce dispositif repose sur le signalement des piqûres suspectes, le dépistage systématique de la dengue, du chikungunya et du zika chez les patients présentant des symptômes évocateurs après un séjour en zone à risque, et des opérations de démoustication ciblées autour des cas confirmés pour éviter qu’un moustique local ne devienne à son tour porteur du virus.
Les gestes qui limitent réellement l’exposition
Les autorités sanitaires rappellent qu’aucun geste isolé ne suffit : c’est la combinaison de plusieurs réflexes simples qui réduit efficacement le risque de piqûre et la prolifération de l’insecte autour du logement.
- Supprimer toute eau stagnante autour du domicile (soucoupes, gouttières, jouets, arrosoirs), lieu de ponte privilégié du moustique tigre.
- Porter des vêtements longs et clairs aux heures où l’insecte est le plus actif, tôt le matin et en fin de journée.
- Utiliser des répulsifs cutanés homologués et des moustiquaires, y compris sur les poussettes et berceaux.
- Aérer et ventiler les pièces, l’Aedes albopictus supportant mal les courants d’air.
- Signaler sa présence via la plateforme de signalement citoyen de l’Anses, utile au suivi de la progression de l’espèce.
Pour les voyageurs revenant de zones où la dengue ou le chikungunya circulent activement, la consigne est la même depuis plusieurs saisons : consulter rapidement en cas de fièvre dans les jours suivant le retour, et éviter de se faire piquer pendant la phase virémique afin de ne pas transmettre le virus à un moustique local. C’est précisément ce mécanisme qui a permis l’apparition de foyers de transmission autochtone loin du littoral ces dernières années.
Les gestes de prévention s’inscrivent aussi dans les habitudes de loisirs estivaux en plein air, où les activités extérieures se multiplient. Les achats de répulsifs et de moustiquaires connaissent d’ailleurs un pic saisonnier en pharmacie, tandis que les destinations de tourisme les plus exposées communiquent de plus en plus tôt sur les mesures à adopter.
Questions fréquentes
Le moustique tigre est-il reconnaissable ?
Oui, il se distingue par sa petite taille et ses rayures noires et blanches très marquées sur le corps et les pattes, contrairement au moustique commun, plus terne et plus gros.
La dengue et le chikungunya sont-ils toujours graves ?
La plupart des cas se traduisent par une fièvre, des douleurs articulaires et une fatigue qui régressent en quelques jours, mais des formes plus sévères existent, notamment chez les personnes fragiles, d’où l’importance de consulter en cas de symptômes après une piqûre en zone à risque.
Jusqu’à quand la vigilance reste-t-elle nécessaire ?
La période de surveillance renforcée court du 1er mai au 30 novembre, tant que les températures restent favorables à l’activité du moustique tigre.
Sources
ARS PACA — Mobilisation renforcée contre le moustique tigre
ARS Île-de-France — Campagne de surveillance renforcée
24 Matins — Moustique tigre, une année à surveiller
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
